Kamala Harris : « Bien que je puisse être la première femme dans ce bureau, je ne serais pas la dernière »

L’élection présidentielle américaine, qui a eu lieu ce 3 novembre était peut-être l’une des plus importantes dans l’histoire du pays. Et même si le résultat favorable de Joe Biden était une victoire tant espérée, c’est elle qui vole la vedette. La première femme ; mais surtout la première afro-américaine et indo-américaine élue a la vice-présidence des États-Unis.

« Je pense à ma mère, ainsi qu’aux générations des femmes – femmes noires, asiatiques, blanches, latines, et amérindiennes, qui à travers l’histoire de notre nation ont ouvert la voie jusqu’à ce soir». Ceci est un extrait du discours de Kamala Harris le soir de sa victoire en tant que vice-présidente dans la cinquante-neuvième élection présidentielle américaine.

L’élection a eu lieu le 3 novembre 2020, mais à cause des conditions particulières en raison du Covid-19, beaucoup d’américains ont voté par correspondance. Pour cette raison, le dépouillement des votes a pris beaucoup plus de temps que prévu. Même aujourd’hui, une semaine plus tard, le comptage n’est toujours pas fini. Ceci a augmenté le suspense pour les américains, comme pour le monde entier, afin de connaitre qui d’entre Joe Biden et Donald Trump serait élu président des États-Unis.

La victoire de Joe Biden signifiait aussi la victoire de Kamala Harris.

Kamala Harris félicite Joe Biden lors de sa victoire. © Olivier Douliery/AFP via Getty Images

Le résultat est tombé le 7 novembre, après avoir dépassé les 270 votes des grands électeurs nécessaires pour une victoire. Joe Biden, du parti démocrate serait le nouveau président des États-Unis. Après la victoire surprenante de Trump en 2016, ce résultat était un grand soulagement. D’une part, parce que le républicain accusé de racisme, sexisme et connu pour son langage voilent et grossier n’allait pas rester au pouvoir 4 ans de plus ; mais parce que la victoire de Joe Biden, signifiait aussi la victoire de Kamla Harris.

Elle s’est d’abord portée candidate à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2020, mais s’est retirée avant le début officiel des primaires. Joe Biden décide alors de la choisir pour être sa colistière ; et depuis la victoire du parti démocrate, c’est elle qui attire d’avantage toute l’attention. Non seulement est-elle la première femme élue a la vice-présidence des États-Unis ; elle est également la première afro-américaine et indo-américaine a occuper ce poste.

Kamala Harris représente le début d’un changement pour les États-Unis, et ce n’est pas la première fois qu’elle occupe un poste important dans la politique du pays. En 2010 elle était élue procureure générale en Californie, réélue en 2014 pour un second mandat ; Harris est devenue la première femme à occuper ce poste-là. Elle est donc en train de changer l’histoire ; mais comme mentionné dans son discours lors de sa victoire, elle repose sur les épaules de toutes les femmes qui se sont battues et continuent à se battre pour le droit fondamentale de voter et d’être écoutées.

La première femme candidate pour les élections présidentielles américaines

Victoria Woodhull. Source: Wikipedia

Une de ces femmes est Victoria Woodhull. Née en 1838, elle a toujours été victime d’une société patriarcale. Pour cette raison, elle défend depuis très jeune les revendications féministes – comme dénoncer l’hypocrisie qui laisse un homme avoir des maitresses tandis qu’une femme, même maltraitée, doit rester soumise à son époux. Avec sa sœur, elles deviennent les premières femmes agents de change a Wall Street ; et en 1872 elle est la première femme a s’être présentée comme candidate pour les élections présidentielles américaines.

Elle réclamait l’égalité dans tous les domaines entre les hommes et les femmes, les noirs et les blancs ; ainsi qu’une revendication pour l’amour libre. Elle s’est présentée à une époque où les femmes n’avaient pas encore le droit de voter – ce droit n’est apparu qu’en 1920 avec le 19e amendement ; et sa candidature ne fut pas officielle car elle n’avait pas l’âge minimum pour se présenter (35 ans, alors qu’elle n’avait que 34). Pour cette raison lors du dépouillement, les bulletins en sa faveur n’ont pas été décomptés et le score qu’elle a pu obtenir n’a jamais été connu.

Grace à Woodhull, les femmes ont vu que la possibilité d’un changement était possible. Il aura fallu beaucoup de temps, mais elles n’ont jamais cessé de se battre pour être écoutées. Grace à elle les portes de la politique, et l’opportunité d’être candidates à la présidence, se sont ouvertes aux femmes. C’est le cas de Hillary Clinton en 2016 ; mais aussi d’une trentaine de femmes qui malheureusement ont toutes été oubliées.

Jusqu’à la victoire de Kamala Harris. Avec elle, ces femmes sortiront toutes de l’oubli. Elle représente ce pour quoi tant de femmes se sont battues : pour l’égalité, la liberté et la justice pour tous. « Bien que je puisse être la première femme dans ce bureau, je ne serais pas la dernière », dit-elle dans son discours lors de sa victoire. Un message d’optimisme, de fierté et d’espoir pour les jeunes filles américaines, et partout dans le monde.

Isabella Mendez

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