Stephen King’s Doctor Sleep : pourquoi ? Pour qui ?

39 après la sortie de l’adaptation du roman éponyme de Stephen King Shining, ni les fans de l’univers sombre et énigmatique de Stanley Kubrick ni les adeptes de l’auteur phare ne s’y retrouvent dans ce film qui se dit la suite du chef d’œuvre de 1980. 

Affiche du film Stephen King’s Doctor Sleep Source: Allociné

On ne peut que souligner l’audace de Mike Flanagan, réalisateur de Hush et The haunting of Hill house (disponibles sur la plateforme Netflix), de toucher à l’œuvre mythique d’un des plus grands de l’histoire du cinéma pour en faire une suite. Mais c’est aussi le plus gros défaut que ce long-métrage laisse transparaître après visionnage; celui d’avoir existé. La volonté d’aborder quelques thèmes du roman, comme l’alcoolisme du personnage principal Danny Torrance joué par Ewan McGregor, se solde finalement par une intention bâclée qui participe à donner au film son inconsistance et sa superficialité. Mike Flanagan s’attarde sur ses personnages pendant la première moitié du film et contrebalance avec une deuxième partie expéditive où le scénario se bouscule d’être déroulé dans le temps imparti; en ressort un rythme déconstruit, incohérent pour le spectateur abattu pour qui les dernières 1h10 du film n’ont plus aucun sens. A relever cependant la qualité de la photographie, qui, sans être exceptionnelle, rend l’expérience du film moins lourde. L’œuvre se pare tristement de scènes directement prélevées du Shining de Kubrick vers la fin du film, un choix maladroit sans justification qui dessert le film de Mike Flanagan en creusant l’écart avec celui de Kubrick. Le film, au-delà de son inanité, pose la question du rôle et de la qualité du film populaire dans le cinéma d’aujourd’hui. Peut-on imposer au Shining de Stanley Kubrick une suite vulgaire, laisser les adaptations à visée commerciale occuper le devant de la scène et imposer comme divertissement populaire des œuvres insipides et inachevées ? Ici, on est loin d’un problème de concordances dans le processus de l’adaptation du roman au grand écran, inévitable même lorsque le film est bon. Stephen King avait commencé son roman L’enfant lumière, suite de Shining, avec une critique de l’adaptation de Stanley Kubrick en soulignant les omissions et incohérences du film. Si l’auteur s’est appliqué à décortiquer l’œuvre cinématographique de Kubrick, l’adaptation à l’écran par Mike Flanagan de L’enfant lumière, elle, ne recevra jamais tant d’honneur. 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :