Midsommar…ou Mid « sommeil »?

Sorti le 31 juillet 2019 au cinéma, le second film écrit et réalisé par le jeune réalisateur, Ari Aster, a provoqué une véritable onde de choc dans le monde du 7e art. C’est « un cauchemar aveuglant » selon Ecran Large. Avec son univers proche de l’Enfer comme du Paradis, Midsommar, ne ressemble à aucune autre œuvre du genre. Mais après un début prometteur, le film s’enlise dans un scénario creux qui ne laisse place à rien d’autre qu’à la lassitude. Et quoi de pire pour un film d’horreur que d’être à mourir d’ennui ?

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Midsommar©NewYorkDailyNews

Le synopsis est le suivant : Josh, Mark et Christian sont étudiants en anthropologie. Lorsque leur ami Pelle les invitent à assister au Midsommar, un festival célébrant le solstice d’été dans un village païens perdu au beau milieu de la campagne Suèdoise, ils n’hésitent pas une seconde. Dani, la petite amie mentalement fragile de Christian et grandement abusée par ce dernier, fait aussi partie du voyage. Esthétiquement, Ari Aster fait un sans faute et renverse même avec brio les codes de l’horreur. Midsommar se déroule en plein jour, sans en être moins dérangeant pour autant. Les couleurs sont chaudes et les paysages s’étendent à perte de vue. On pourrait presque penser que les protagonistes sont en vacances. La réalité est tout autre. Paradoxalement, toute cette lumière cache une société aux mœurs et aux rites aussi étranges qu’effroyables. L’aliénation mentale des individus faisant parti de cette communauté est absolument terrifiante. Mais, truffé d’incohérences et de non-sens, le scénario ne parvient pas à maintenir l’attention du spectateur. L’histoire a rapidement ni queue ni tête, jusqu’à en devenir grotesque. Un joli paquet vide.

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Midsommar©LincolnFilmCenter

Un film beaucoup trop long

2h30 en tout et pour tout, avec de nombreuses questions sans la moindre réponse. Midsommar est un film d’horreur certes, mais est néanmoins basé sur une intrigue complexe. La société païenne dans laquelle se déroule l’action est totalement coupée du monde. Les protagonistes comme les spectateurs ne savent rien de son origine. Pourtant de nombreux indices sont dissimulés dans l’imagerie du film. Par exemple, lorsque Mark, Josh, Dani et Christian passe leur première nuit dans le village, ils sont hébergés dans une sorte de dortoir/auberge, tapissée par de nombreuses fresques semblant retracer l’histoire du culte. Malheureusement, personne ne semble s’y attarder, pas même le réalisateur.

Des personnages inintéressants

C’est peut-être la plus grosse déception de ce film. Dans le genre horrifique, le développement des personnages n’est jamais particulièrement poussé. Cela s’explique par leur espérance de vie, qui est généralement moindre. Si la talentueuse Florence Pugh (Lady Macbeth, Little Women…) s’en sort grâce à une excellente prestation dans le rôle de la petite amie perdue et délaissée, ce n’est pas le cas de ses collègues masculins. Habituellement brillant, Will Poutler est inutile dans le rôle de Mark qui est par ailleurs, le cliché de l’américain écervelé. Jack, (William Jackson Harper) est antipathique et Christian (Jack Reynor) est tout simplement insupportable. Pour les spectateurs, il est impossible de s’attacher à ne serait ce que l’un d’entre eux. Mais le pire est le fait qu’aucun des protagonistes ne soit animé par l’instinct de survie. Les rituels s’enchainent, plus irrationnels les uns que les autres. Le mode de vie de la communauté est aux antipodes de la leur, et pourtant, ni Josh, ni Mark, ni même Christian ne semble le remettre en question. Des êtres humains meurent sous leurs yeux mais cela ne les poussent pas à vouloir rentrer chez eux, sous prétexte que l’étude de cette communauté représente un sujet de mémoire particulièrement intéressant. Seule Dani semble se rendre compte de l’atrocité du lieu dans lequel elle se trouve mais, rongée par le deuil suite au suicide de sa sœur et à la mort de ses parents, elle choisi délibérément de rester.

L’allégorie de la rupture comme seul point positif

Si Hérédité, le premier film d’Ari Aster avait pour sujet le deuil d’un être cher, Midsommar est avant tout une thérapie personnelle pour le réalisateur. Il écrit le film durant une rupture douloureuse et décide donc de raconter les effets d’une relation amoureuse déjà condamnée. Christian n’aime plus Dani depuis quelque temps déjà. Lorsque cette dernière sombre dans la dépression, il se sent obligé de la soutenir en l’emmenant en Suède avec ses amis. Il est odieux, froid et même pervers. Dani devient donc la victime de son petit ami jusqu’à ce que la tendance se renverse brutalement…

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Midsommar©Usatoday

Pour conclure, le film Midsommar est sans conteste un ovni du genre, prometteur mais malheureusement, non abouti. Le manque de profondeur des personnages, la longueur du film et le scénario trop peu travaillé rendent le film plus que passable, malgré un thème initial, la rupture amoureuse, particulièrement intéressant.

Océane H

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