Euphoria: la nouvelle création HBO qui crée l’addiction

Débarquant avec sa toute première série adolescente lancée mi-juin 2019, la chaîne de télévision américaine HBO a frappé un grand coup. Euphoria est devenue en l’espace de quelques jours seulement LA série à regarder.

Une série sous crack au succès immédiat

Dans l’épisode 7 de cette première saison, Zendaya incarne le personnage bipolaire de Rue dans une de ses phases maniaques. La jeune adolescente, se prenant littéralement pour le détective joué par Morgan Freeman dans “Seven”, enquête sur la relation entre Jules Vaughn ( jouée par Hunter Schafer), dont elle est amoureuse et Nate Jacobs (joué par Jacob Elordi) qu’elle hait. © Home Box Office / HBO

A la fois trash, poignante, sombre et humoristique, cette production signée Sam Levinson nous fait vivre un tourbillon d’émotions à donner le tournis. Autant se le dire, mieux vaut être préparé psychologiquement avant de se mettre devant l’écran. Euphoria rompt avec les clichés des séries pour ados. Pouvant s’apparenter à Skins de par sa dureté, les séries comme Riverdale ou Elite lui font pâle figure.  Si cette nouvelle série a connu un succès aussi fulgurant, c’est bien grâce à cette noirceur exacerbée, qui force son audience à se poser de réelles questions sur notre société actuelle. S’inspirant  largement de sa propre expérience en tant qu’ex jeune addicte, le producteur nous présente le personnage de Rue Bennett (jouée par Zendaya) : adolescente de 17 ans de retour chez elle après une cure de désintoxication suite à une overdose. A travers elle, nous découvrons le quotidien d’un groupe hétéroclite de lycéens et les problèmes qui leurs font obstacle. C’est aussi grâce à son casting de choix que la série a su charmer. Pas étonnant avec Zendaya comme visage de la série ! Rejoignant le mannequin plus size Barbie Ferreira ainsi que la nouvelle sensation transgenre Hunter Schafer, Zendaya fait bénéficier à la série de sa large fanbase. Mary-Jane dans les deux derniers Spiderman et nouvelle égérie de Lancôme, la jeune actrice de 23 ans est la figure connue qui a, en grande partie, permis au nouveau bébé d’HBO d’attirer l’attention. 

Quand entrer dans la peau d’une addicte nous rend accro à la série

Après la publication en ligne d’une vidéo la montrant perdre sa virginité, Kat (interprétée par Barbie Ferreira)se rend compte du succès qu’elle semble avoir eu malgré elle sur les plateformes pornographiques. C’est à partir de là qu’elle se tente à l’activité de cam girl, ce qui sera pour l’adolescente un moyen d’assumer son corps et de prendre confiance en elle. © Home Box Office / HBO

Le premier épisode suffit pour annoncer la couleur et le titre de la série prend très vite tout son sens. “Euphorie [n.f.] : impression de bien être parfois illusoire.” Un titre qui résume parfaitement l’esprit de la série et l’état d’esprit de ses protagonistes, donc. Et pour cause.  Entre consommation de drogues dures et d’alcool, relations sexuelles pouvant être carrément glauques, et usage quasi-compulsif des réseaux sociaux: les lycéens d’Euphoria ne lésinent sur aucun moyen pour ignorer les difficultés de leur vie d’adolescents. A travers la perception de Rue, le spectateur traverse ces mêmes difficultés comme s’il les vivait personnellement. Que ce soit grâce à la narration constante de Rue en prise avec ses démons de poudre blanche, ou par le biais de shots psychédéliques se succédants sans transition apparente mimant le fil de pensés frénétique de l’adolescente, Euphoria nous fait “tripper” (ou “bad tripper”) depuis le confort de nos fauteuils. Une technique indéniablement efficace puisqu’une saison 2 a d’ores et déjà été commandée par HBO.

Une Euphorie, mais pour un public averti

“Euphoria” bat déjà des records. Avec l’exposition de 22 pénis au total dans l’épisode 2, la série bat le record du nombre de pénis figurant dans une seule scène. © Home Box Office / HBO

Euphoria se positionne donc clairement comme série sur les adolescents. Mais pour les adolescents ? Pas si sûr. Levinson le dit lui même. S’il espère que sa production initiera le dialogue entre parents et adolescents, il la déconseille tout de même aux moins de 17 ans. La grande place qu’y occupe la nudité en est une des raisons. Si HBO avait créé la controverse pour sa surexposition du nu féminin dans “Game of Thrones”, la chaîne équilibre la balance avec Euphoria. Ne soyez pas surpris(es) donc devant les maintes apparitions de pénis dans la série. Aussi bien dans des scènes de vestiaires du lycée que dans l’épisode 3, tourné sous forme de cours magistral sur les “dick pics”, ils sont loin de se faire timides. Euphoria n’est donc pas du tout prône à la censure et peut être extrêmement dure à regarder, même pour un public mature. 

Une représentation sombre mais nécessaire

“Euphoria” met en scène la relation compliquée et parfois toxique entre Rue (qui souffre non seulement de bipolarité mais également de toxicomanie et de dépression) et de Jules (jeune transgenre effrayée par toute forme d’engagement romantique). © Home Box Office / HBO

Ce sont des scènes jugées par certains comme trop sensationnelles qui ont attiré la critique. Euphoria nous peint un portrait très pessimiste et sordide de l’expérience adolescente, une expérience qui peut paraître bien trop exagérées et en rien comparable à la vraie vie des adolescents aujourd’hui. Et pourtant. Malgré une représentation qui semble déconnectée de la réalité, Euphoria parvient à attirer l’attention sur des faits réels auxquels beaucoup peuvent s’identifier. C’est dans le but de susciter de l’émotion (ou de nous faire ressentir quelque chose tout court) que Levinson façonne la série. Pour Zendaya, il était important de montrer aux gens qu’ils ne sont pas les seuls dans ce genre de situations, et que leurs peines et expériences sont parfaitement légitimes. Addiction, violence, image corporelle, identité sexuelle, troubles psychiques ou encore grossesse accidentelle, Euphoria expose des difficultés majeures qui sont bien trop souvent ignorées. Les jeunes de la série sont en quête de leur identité, ont perdu leur innocence bien trop tôt et subissent les conséquences néfastes d’un monde hyperconnecté. Si la série est donc trop difficile pour une audience très jeune, elle a tout de même le mérite de créer une prise de conscience envers des sujets encore tabous.

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