Bomber pour la bonne cause

Au moment où l’écologie ébranle le monde politique et social, la naissance de l’art vert de la rue devient un rôle fondamental dans les prises de consciences collectives.

« une peinture peut vouloir faire apprécier au spectateur ses couleurs, sa composition et ses images, mais elle peut aussi faire passer un message derrière elle. » Louis Masai (street artiste). En termes de sensibilisation, l’art de rue et l’art qu’on vend en tableau sont tous les deux égaux. Le green street art est devenu le nouveau mode de contestation en réponse aux événements écologiques qui ont lieu à travers le monde.

Si nos grandes villes sont les plus grandes émettrices de CO2, et les citadins sont les plus consommateurs et les plus pollueurs comparés aux populations rurales, il en va de même au graffiti ou au street art à s’emporter dans nos rues. Objectif ? Sensibiliser les citoyens de leur impact quotidien sur l’environnement.

L’échec des politiciens à trouver des accords sur l’environnement a donné naissance aux éco-artistes. Ces derniers se sentent plus concernés et préoccupés par la question écologique en exposant leurs œuvres dans les rues, elles seront plus visibles et plus faciles à apercevoir pour les habitants.

On a souvent tendance à associer les artistes de la rue et le graffiti au vandalisme. Dans l’actualité d’aujourd’hui, ces éco-artistes ont droit à un statut d’activistes. Ils se sont engagés pour une cause, s’allier avec la nature contre des dirigeants qui négligent cette dernière.

COP21 à Paris

La conférence de Paris en 2015 sur le changement climatique a attiré un nombre important d’artistes. Plus de 150 événements culturels ont eu lieu en Île de France. Une nuit blanche a été également organisée du samedi 3 au dimanche 4 octobre dans laquelle une trentaine d’artistes internationaux ont été invités à exposer des œuvres éphémères.

L’une des œuvres les plus importantes: les 270 blocs de glace colorés de Zhenchen Liu sur le parvis de l’hôtel de ville, qui ont fondu sous les yeux du public afin de les alerter de l’urgence des fontes de nos banquises.

Une autre installation importante a attiré un grand nombre de regards: à la place du panthéon, l’artiste danois Olafur Eliasson a élaboré douze blocs de glace venus du Groenland ont fondu au cours de cette nuit blanche. Appelée « Ice Watch », une montre de glace en français qui implique le concept du compte-à-rebours pendant la durée de la COP21. Aux Batignolles, une installation simulait la montée des eaux.

Une autre installation, ambulante celle-là: Depuis la COP24 qui s’est déroulée en Pologne à Kotawice en 2018, un train sillonne à travers l’Europe et fait des arrêts dans les grandes villes pour une exposition. Le projet s’intitule « le train de Noé » (un clin d’œil au déluge de Noé qui représente la montée des océans). C’est la Rail Freight Forward qui a lancé l’initiative, une coalition d’entreprises ferroviaires européennes.

Le concept de ce train est que chaque wagon est dessiné par des artistes qui s’engagent dans la cause écologique et chacun de ses wagons traite une problématique écologique (océans, plastique, disparition des animaux…). Un autre message que ce train véhicule: la réduction de l’impact environnemental du transport de marchandises.

Engagement auprès des animaux en voie de disparition :

Le street art veut aussi alerter sur les animaux en voie de disparitions. Le street artiste portugais Bordalo Secundo réalise des œuvres de taille mais avec des déchets en plastiques. Le choix de ce matériau évoque sa présence menaçante à travers nos océans. Dans une interview au média en ligne Lisbobhello l’artiste s’explique « L’Art est une formidable plateforme de communication. À travers mon travail, j’entends confronter mon public avec la réalité, et le faire s’interroger sur ses habitudes de consommations. Pas à pas, je veux qu’il prenne conscience de la réalité et des conséquences de ses actes. »

« Save the bees » est un autre projet de l’artiste de rue Louis Masai en collaboration avec Jim Vision. Les abeilles sont au cœur de son travail. L’importance de cette espèce menacée pour l’équilibre de nos écosystèmes a inspiré l’artiste afin d’éveiller les consciences. « Je sens que les images visuelles peuvent être utilisées pour passer un message ainsi mon art est là pour parler des espèces en voie de disparition. » a déclaré l’artiste anglais au média en ligne Street Art Paris.

La nécessité d’une prise de conscience écologique est plus urgente que jamais. Le street art contribue à répandre le message dans les rues. Au plus proche des citoyens.

Sadmi Redha

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