La vulve, symbole de féminité, symbole de lutte ?

De « free the nipple » au « pussy hat » ou encore à la glorification des règles, le recours à l’anatomie féminine est de plus en plus commun dans le combat féministe à travers le monde. Il est pourtant important de se rappeler qu’être une femme ne s’apparente pas toujours au corps et que cette tendance peut parfois devenir excluante.

La lutte pour les droits des femmes est aujourd’hui encore d’actualité, si ce n’est plus qu’avant. Dans de nombreux pays, les droits déjà acquis, tels que le droit à l’avortement et à la contraception, ne sont soit pas respectés comme en Italie, soit remis en cause comme en Pologne ou dans certaines régions des Etats-Unis. De fait, les organismes féministes ont eu tendance à manifester leur mécontentement en utilisant la vulve ou les menstruations comme illustration de la cause, ceci en isolant une partie des femmes, de manière volontaire ou non.
Etre une femme ne se résume pas à avoir un corps féminin. Les nombreuses discussions sur les différences entre le sexe attribué à la naissance et le genre choisi d’un individu, démontrent qu’une femme peut être née dans un corps dit masculin et inversement. Un individu « cisgenre » est donc une personne dont l’identité de genre est en accord avec son sexe de naissance et donc son Etat-Civil. À l’inverse, l’identité d’une personne « transgenre » ne correspond pas à son sexe de naissance et est souvent différente de son identité aux yeux de la loi.
L’assimilation du mouvement féministe aux représentations de la vulve crée donc un schisme entre les femmes cis et trans, puisqu’il nie la possibilité d’être femme sans posséder une vulve. De même, certains individus « non-binaires », c’est-à-dire, qui ne se reconnaissent pas dans les identités de genre actuelles, regrettent d’être exclus d’un mouvement qui se veut libérateur. Ce schisme a d’ailleurs créé une certaine tension, notamment la création du terme anglais TERF (Trans-exclusionary radical feminism), qui réfère aux féministes qui excluent volontairement les femmes transgenres du mouvement, et de fait se sentent supérieures à elles.
Pourtant, une libération de l’image vulvaire semble logique. En effet, outre la portée symbolique du genre, l’idée de mettre en avant la vulve est un moyen d’éliminer un tabou dans une société qui est, cependant, habituée aux symboles phalliques. En effet, les objets et représentations du phallus sont visibles partout, dans l’art, dans la publicité etc. Mettre en avant la vulve représente alors une alternative et donc un symbole de contestation et une manière de se faire une place visible dans la société.
Reste un problème majeur : comment continuer à représenter la vulve, sans exclure ou offenser une partie du mouvement féministe ? Et peut-on démystifier la vulve et la séparer de l’identité féminine, pour en faire un symbole inclusif pour tous les individus qui se réclament féministes ?

 

 

 

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