Dans la toile d’araignée

L’exposition On Air nous lasse promener dans le monde des araignées. Un voyage sensoriel qui nous fait repenser notre relation avec la nature.

« Après une journée de tissage, le fil a fait le tour de l’équateur… et après dix jours, le fil a atteint la lune…[1] » est l’une des citations de l’exposition qui révèle des faits surprenants sur les araignées. Elles sont essentielles pour l’écosystème et peuvent envahir le monde, elles sont architectes, elles font de la musique…. Enfin, elles ne sont pas si différentes de nous. En ce moment au Palais de Tokyo, avec l’exposition On Air de l’artiste argentin Tomas Saraceno, nous avons l’occasion de changer notre perspective sur l’univers des araignées.

Le plus grand projet de l’artiste à ce jour, On Air, combine les arts et la science. Tomas Saraceno a été fortement inspiré par l’Anthropocène (L’Ere de l’Homme) et l’impact humain sur l’écosystème. Avec ses installations interactives, il a créé un microcosme dans lequel les visiteurs peuvent observer ce que leur présence ou leur mouvement provoque sur les filets d’araignée. Le visiteur doit marcher, parler et respirer prudemment, car chaque acte a son impact. Ainsi, par une expérience directe, nous prenons conscience de la fragilité des relations environnementales.

© Milena Sjekloca

Dans un spectre réduit de noir, blanc et gris, nous sommes confrontés à une multitude de styles de tissage d’araignées différentes. Des matériaux soigneusement choisis nous font douter que les installations aient été réalisées par des humains ou par de vraies araignées. L’absence de verre entre le spectateur et le filet envoie un message : « Si vous le touchez, autant que vous le voudrez, vous le détruirez. » Dans une autre salle, les artistes reproduisaient les filets sur le papier, dessinant toutes les nuances des filets, de la poussière, des sacs en plastique dans l’air. Dans une autre pièce, on nous met à la hauteur de l’expérience sonore d’une araignée : la musique que nous entendons est faite de poussière cosmique. Des éléments de recherche en archéologie, des faits environnementaux et des vidéos scientifiques s’entremêlent ici et là, ajoutant la dimension de la connaissance humaine sur les aspects en question.

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© Milena Sjekloca

En élargissant notre vision et notre audition, Tomas Saraceno nous relie à l’univers dont nous sommes souvent déconnectés. Il nous rappelle que les humains et les non-humains sont liés pour toujours, que chaque individu a un rôle à jouer dans la chaîne et peut faire une différence – d’un point de vue ordinaire, microscopique, du point de vue d’une autre espèce, géante. À l’antenne, dans l’air et dans la toile d’araignée, il y a bien plus qu’il n’y paraît.

[1] El Tiempo de las Arañas réalisé par Maximiliano Laina et Tomas Saraceno (2017)

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