CRI DE RAGE CONTRE LE MALAISE SOCIAL

 

« Précarité, insécurité, ébranlement familial. Ce sont les thématiques au cœur  de l’œuvre surprenante de Béla Tarr : « Le Nid Familial ». Quarante et un ans se sont écoulés depuis, mais cette œuvre, n’est-elle pas toujours d’actualité ? »

 

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Mondialement connu pour ses films « The Outsider » (1982), « Damnation » (1988), « Satantango » (1994), « L’homme de Londres » (2007) et son dernier « Le Cheval de Turin » (2011). Cinéaste engagé et critique du système politique de son pays, la Hongrie, il analyse en profondeur le mal-être de la société. Il débute sa carrière dans les années 70 avec des reportages et des films amateurs, mais c’ est en 1977  avec son premier long-métrage que le jeune Béla Tarr commence à se faire connaître. À ce moment-là il n’a que 22 ans, mais son œuvre fait déjà preuve d’une grande maturité.

« Le nid familial » reste immortel et actuel. Il retrace la vie de Irèn, femme de Laci, parti faire son service militaire. La protagoniste se retrouve forcée à vivre avec sa fille dans la maison de ses beaux-parents. Au retour de son mari, les tensions déjà existantes au sein de la famille s’amplifient et s’accélèrent jusqu’au détriment de son mariage. Béla Tarr réalise ce film en quatre jours. La caméra se fixe sur les visages des acteurs dans le vif de l’action. On a parfois l’impression que les dialogues enflammés sont interminables. Le tout baigné par une ambiance terne et anxiogène dû à la situation précaire et fortement instable dans laquelle Irèn se trouve.

« Le nid familial » est très réaliste et cru. Il nous montre la dureté du quotidien et la pesanteur domestique . Le travail, le couple, le logement. Le réalisateur peint un portrait d’un Budapest grisaillant. Il y a cependant une lueur d’espoir. Irèn lutte pour trouver un logement social. Ce qui lui permettrait de sauver son mariage menacé par la présence constante du beau-père qui accuse la protagoniste de profiter de leur hospitalité. On suit les échecs qui s’entremêlent à des moments plus optimiste. Ces attentes et espérances nous accompagnes jusqu’aux derniers instants du long-métrage.

 

La noirceur de Béla Tarr s’inscrit au plus profond de ses réalisations. Son œuvre reste d’actualité et elle est toujours aussi attrayante et surprenante. Son cri de rage contre la société est mis en lumière grâce à la représentation de scènes de vie étouffantes et oppressantes. Il fige l’instant présent et il nous montre la lourdeur du quotidien.

 

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