Clitoris, je t’aime

Ce petit organe érectile reste un mystère pour la plupart des gens. Celui qui renferme tous les secrets du plaisir sexuel féminin est pourtant très peu représenté, ne serait-ce que pour l’éducation sexuelle des jeunes filles ou encore pour lever le voile sur les légendes urbaines qui l’entourent.

Ce n’est qu’en 2017, pour la première fois, qu’un manuel scolaire représente un clitoris correctement, dans toute son intégralité. Une petite révolution pour cet organe, responsable majeur du plaisir féminin, car dans la plupart des manuels scolaires, le clitoris apparaît à peine, ou il est mal représenté. Ce manque de représentation devient problématique, étant donné que d’après une enquête de 2009, 84 % des jeunes filles ne savent pas comment représenter leur sexe, et qu’une sur deux ne sait pas qu’elle a un clitoris. Pourtant elles savent toutes représenter le sexe masculin. A 15 ans, une fille sur quatre ne sait toujours pas ce qu’est un clitoris.

Au-delà, même si elles sont conscientes de son existence, elles n’en connaissent pas sa fonction. L’enquête donnait comme résultat que 83 % des filles et 68 % des garçons de 3e et 4e ne pouvaient pas indiquer sa fonction. Cet organe, qui peut avoir jusqu’à 10 centimètres a des millions de terminaisons nerveuses et a comme seule fonction d’apporter du plaisir aux femmes. C’est d’abord pour cela qu’il a été banni de la mémoire humaine et des livres scientifiques et remplacé par des milliers de représentations de l’utérus, réduisant la femme à ses devoirs de fécondité. Cependant, avant le XIXème siècle, où le clitoris et sa fonction étaient déjà bien connus : on pensait que la femme devait jouir pour tomber enceinte, ce qui poussait à considérer cet organe. À partir de 1900, le regard sur la sexualité change : la femme respectable ne connaît pas de désir et l’homme est un animal sexuellement immaîtrisable.

A cette barrière mentale et morale s’ajoute une mutilation réelle. On appelle « clitoridectomie » cette ablation partielle ou totale du clitoris et donc, le vol douloureux d’une partie majeure du plaisir féminin, censé la guérir de l’onanisme ou même certaines maladies. La dernière opération date de 1948 sur une fillette de 5 ans.

Les mutilations génitales féminines sont encore existantes. En France environ 60 000 filles sont excisées illégalement chaque année, contre leur volonté. C’est une atteinte aux droits des personnes, punie par la loi. Toute personne jugée coupable de mutilation sexuelle est passible de 10 ans d’emprisonnement et de 150 000 euros selon l’article 222-9 du code pénal.

Le clitoris est une partie du corps féminin, apportant rien que du plaisir aux femmes et en l’enlevant, c’est également la priver de la possibilité de ce plaisir. Pour reconnaître cette importance du clitoris, l’ éducation a besoin de se responsabiliser et d’enseigner sa fonction correctement aux élèves.

 

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