Les actrices sont reines chez McQueen !

Un casting quatre étoiles réunis autour du réalisateur pour l’adaptation de la série britannique Widows. Ecrit par la scénariste star du moment, Gillian Flyn, le film met en avant une brochette d’acteurs, et surtout d’actrices au premier plan.

Après trois films à succès et un Oscar du meilleur film pour Twelve Years A Slave en 2014, Steve McQueen revient avec un film de braquage. En apparences seulement, car le film du Britannique est bien plus que cela. Débutant comme un comte joyeux, le film s’ouvre sur un plan du couple Rawlins (Viola Davies et Liam Neeson) confortablement installés dans leur lit en train de se bécoter. Mais très vite, cette (fausse) impression d’amour et de confort dans la vie des deux protagonistes s’effondre. Grâce à un découpage de scènes alternant couple au lit et une course-poursuite. Une séquence qui dévoile les affaires secrètes du mari braqueur et de ses camarades. McQueen pose d’entrée de jeu ce qu’est réellement le film : derrière la vie banale, et pas très souvent rose, de ses protagonistes, mensonges et corruption font la loi. Dans un monde dicté par des hommes au pouvoir.

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Situé dans un Chicago que l’on n’a pas souvent l’habitude de voir sur les écrans, les quartiers insalubres et les règlements de comptes laissent la place à une facette rarement montrée de La ville des vents en mettant de côté les stéréotypes. Alors qu’un groupe de braqueurs (dont fait parti le mari Rawlins) vient de mourir lors d’un casse qui a mal tourné, leurs quatre veuves qui ne se connaissent pas vont être amenées à travailler ensemble. Objectif : rembourser une dette laissée sur les bras. Chicago est montrée sous tous les angles, des quartiers pauvres où vivent principalement des minorités et un taux de chômage important aux quartiers plus riches de la ville et ses buildings imposants. C’est aussi ce que tient à montrer McQueen à travers la représentation de ses quatre protagonistes féminins.

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C’est en effet le point fort et central du film. Ce dernier est porté par un casting très bon avec en tête d’affiche, la toujours géniale Viola Davies (Fences, la série Murder…). Peu à peu dans le film, sous forme de flashbacks, on apprend à quel point ces femmes dépendaient, sans le vouloir, de leurs maris, réduites au second plan dans leur vie de couple et subissant leurs coups bas. Comme une libération, c’est à la mort de ces derniers qu’elles vont réellement se reprendre en main. Décidant par la même occasion de ne plus se faire marcher dessus. Jonglant avec leurs problèmes quotidiens et leurs hostilités les unes envers les autres, elles vont pourtant s’unir pour dérober un pactole de 5 millions de dollars.

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Ce qui est intéressant dans le récit n’est pas tant le but à accomplir, mais la façon dont ces femmes y parviennent. Menacées par des hommes de pouvoirs de tous côtés à l’approche d’une élection municipale, ou considérées comme de simples objets pour satisfaire les besoins d’hommes riches qui s’ennuient, ces femmes doivent faire face aux menaces quotidiennes d’un monde macho.

Malgré leur amertume, ces quatre braqueuses amatrices se rejoignent en un point : s’offrir une nouvelle vie après un drame. Chacune d’elles est présentée de façon authentique sans jamais édulcorer leur condition de femme dans la société, essayant de subvenir à leurs propres besoins et à ceux de leur famille. Mal représentées dans les film Hollywoodiens, le scénario de Gillian Flynn, déjà auteure d’œuvres à succès ayant pour personnages principaux des femmes fortes (on pense notamment à Gone Girl, Dark Places ou la série Sharp Objects), offre un contrepoint bienvenu. Bien servies par la caméra de McQueen, ce dernier filme ses actrices avec respect et amour, dévoilant des êtres qui ne sont pas épargnées par la vie, reprendre le contrôle. « Tu es plus maligne que tu ne l’es déjà », fait savoir Veronica (Viola Davies) à Linda (Michelle Rodriguez dont les rôles de femmes combattantes lui vont à ravir). Démontrant qu’un casting composé majoritairement de personnages féminins peut être solidaire dans l’adversité et vu autrement qu’à travers leurs maris.

Adepte de plans séquences dans nombre de scènes, McQueen faire preuve de maîtrise, notamment dans la composition de ses cadres larges et spacieux. Aidé par une composition pour le moins discrète mais émouvante, la musique du maître Hans Zimmer vient souligner un plan final touchant et plein de tendresse. McQueen prouve une fois de plus qu’un casting composé de femmes (talentueuses !) est possible à Hollywood, et qu’il n’en est que meilleure quand le portrait de celles-ci est fait fidèlement par une équipe de qualité.

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