Virée à Paris pour Norbert Dragonneau et ses animaux fantastiques

Deuxième opus pour le spin-off Les Animaux Fantastiques, œuvre dérivée de la saga Harry Potter, avec cette fois-ci Les Crimes de Grindelwald. Efficace sans trop oser, le film présente tout de même de bons points.

Niffleur, Botruc et autres créatures investissent les rues de Paris. Une nouvelle plongée dans le monde fantastique et magique de la créatrice d’Harry Potter, J.K Rowling. Deux ans après le premier épisode dérivé du sorcier à lunettes (sobrement intitulé Les Animaux Fantastiques, sortie en 2016) et qui avait rapporté près de 800 millions de dollars au box-office, la suite des aventures de Norbert Dragonneau se faisait attendre.

Les Crimes de Grindelwald reprend là où l’histoire s’était arrêtée dans le premier film : à savoir, l’emprisonnement dans une cellule à New York de Gellert Grindelwald, interprété par Johnny Depp. Mais c’est pourtant à Paris que toute l’histoire va se dérouler. En réalité tourné au Nord de Londres, dans les célèbres studios de Leavesden qui ont déjà vu passer les huit épisodes précédents de la franchise mère. Norbert Dragonneau, toujours interprété par Eddie Redmayne, se voie charger d’une mission par Dumbledore (ici rajeunit sous les traits du Docteur Watson de Guy Richie, Jude Law) après que Grindelwald se soit évadé de sa prison et ne sème sur son chemin des cadavres de moldus. Dans son sillage, Norbert emmène avec lui ses compagnons Tina, Queenie et Jacob afin de contrecarrer les plans du désormais célèbre fugitif et de retrouver l’héritier d’une famille de sang pure.

AF 1
D.R

Aux commandes du film, on retrouve une fois de plus le réalisateur David Yates, dont J.K Rowling ne semble vouloir se séparer. Evitant ainsi toutes prises de risques quant à l’identité visuelle et la personnalité du film, Yates reprends le flambeau de cet univers magique. Déjà à l’œuvre des cinq derniers Harry Potter, J.K Rowling lui laisse une nouvelle fois les rennes de l’univers magique créé il y a bientôt vingt ans. On reconnait en effet la patte du réalisateur britannique. Mise à part le célèbre château-école Poudlard, l’atmosphère et l’ambiance restent assez similaires à Harry Potter. Toujours plongée dans des nuances sombres (et notamment la présence de brouillard et de pluie) pour traduire un futur danger, l’histoire rappelle les romans gothiques anglais du 19ème siècle et ses endroits crasseux, ou bien un Sherlock Holmes. D’ailleurs, le film aurait tout aussi bien pu se dérouler à Londres, tant le climat austère est souvent associé à celle que l’on surnomme… Le Grand brouillard. La reconstitution du Paris à l’aube des années 1930 est cependant bien ficelée par le chef décorateur Stuart Craig, autre habitué de l’univers Harry Potter, et bien imprégnée de l’environnement sinistre et noir d’un monde situé entre deux Guerre Mondiales que vient accentuer l’image du directeur de la photographie, le Français Philipe Rousselot (qui officiait déjà sur un certain… Sherlock Holmes en 2012).

AF 2
D.R

Emprunt d’une certaine tragédie, le récit présente des personnages en retrait de la société, à l’égard de Norbert qui, comme Dumbledore aime à le lui rappeler, « ne cherche pas à rejoindre un camp, mais à trouver ce qui est juste ». Comme Harry, solitaire et différent des autres de son âge, Norbert s’est trouvé une nouvelle famille dans sa passion pour les animaux fantastiques. Chacun des personnages présente (ou présentera à l’issue du film) une blessure émotionnelle. Norbert, incapable de déclarer son amour à Tina qui le lui rend bien, ou alors la perte d’un être cher. A travers des procédés scénaristiques simples, le film parvient à toucher un public qui, loin de vivre dans un univers où monde magique et monde cartésien se côtoient sans s’approcher, peut se retrouver dans les dilemmes et tourments que doivent affronter les protagonistes. Même Grindelwald, image d’un gourou qui cherche à rallier le plus de partisans dans son nouvel objectif -une allusion faite en écho à ce qui attendra le monde moins d’une décennie plus tard- s’avère un être sensible et nostalgique d’un ami (ou « un frère » comme il est rappelé dans le film) dont les différents chemins empruntés l’on menés du côté obscur de la magie.

AF 3
D.R

Bien dirigé et mis en scène, ce spin-off offre une large palette de personnages dont les histoires personnelles sont bien mieux développées que chez leur cousin à la cicatrice. Plus sérieux et souvent pudiques ou en retenus dans le déballage de leurs émotions, les personnages sont un point fort du récit. Divertissant et touchant, le film laisse transparaitre une certaine mélancolie d’un monde fragile et pris pour acquis qui peut vite chavirer dans les ténèbres. Où la frénésie et l’affection de Norbert pour les animaux ne reste que la seule lueur d’espoir.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

%d bloggers like this: