Palestine Underground: organiser la résistance grâce au son

Une Boiler Room organisée dimanche soir dernier au Petit Bain présentait l’émergence d’une culture techno alternative palestinienne. Retour sur cette projection suivie d’un DJ set.

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Comment organiser et proposer des espaces de liberté dans un contexte de guerre ? C’est la mission que se sont donné des artistes comme Sama’ et le Jazar Crew en Palestine. Mettant en lien plusieurs artistes entre Ramallah, Haifa et Jaffa, ces connections musicales tapant dans plusieurs registres (techno, trap et hip-hop) ont fait des émules: de l’investissement d’un bar-club à Ramallah, puis de soirées privées un peu “à l’arrache”, à la première Boiler Room palestinienne. Ces musiciens bravant checkpoints et contrôles multiples sur un territoire occupé sont arrivés à s’organiser pour permettre aux palestiniens rejetés des clubs israéliens de faire la fête. D’autres populations brimée à cause de leur genre ou de leur orientation sexuelle sont privées de faire la fête, et de sortir du quotidien dans un contexte politique très tendu.

Boiler Room promeut la musique électronique, et met en ligne (souvent en direct) des captations de sets et de teufs qui ont eu lieu tout autour du monde. Format un peu différent ici : la projection du mini-docu, suivie d’un Q&A a permis aux participants de mieux s’informer sur le quotidien de ces artistes vivant toujours un peu sur le fil. Le docu, très didactique, a permis de poser le contexte d’une situation géopolitique complexe et parfois clivante, tout en gardant une teneur militante pro-palestinienne nécessaire. Donner une histoire à ces DJs plutôt que de venir en tant que simple consommateur permet, dans un contexte de fête, de sensibiliser une population française teuffeuse qui demeure relativement à l’abri des répressions multiples par rapport à la Palestine, pays qui demeure majoritairement conservateur, en plus de l’oppression coloniale quotidienne écrasant les Palestiniens.

Grâce à ce genre de format hybride, cette Boiler Room permet de donner un poids différent à la culture techno dont l’essence contestataire s’est diluée dans le mercantilisme en France, et plus généralement en Europe. Le public, composé d’environ 350 personnes s’est agité avec ferveur sur les kicks énervés de Sama’, qui puise son inspiration dans la techno de Detroit et de Berlin. Les gens se sont agités sur la péniche jusqu’à minuit passé au crépitement erratique du stroboscope, sourires sur le visage. Il y aura sans doute pour plusieurs des courbatures aux jambes ce lundi matin.

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