AYLAN KURDI : AVANT ET APRÈS

Trois ans après la diffusion massive de la photo d’Aylan Kurdi, notre réaction reste la même. Le 2 septembre 2015 a marqué un tournant dans la représentation de la « crise migratoire » et du « migrant » syrien. La photo nous a sorti des chiffres et des statistiques en laissant la place aux émotions et à la solidarité.

 

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C’était en septembre 2015. Année du pic des arrivés de migrants sur le sol européen. Rarement une image avait autant frappé les esprits… Peut-on parler d’un phénomène Kurdi ? Nilüfer Demi, auteure du cliché, confiait : « en les photographiant (Aylan et son frère – ndlr), j’ai simplement voulu refléter le drame de ces gens ». La photo du petit enfant syrien sans vie  a provoqué de nombreuses réactions à l’échelle internationale. Si avant la presse était inondée d’articles montrant l’envergure des arrivés de migrants via la Méditerranée, Aylan Kurdi a donné un visage à cette « crise migratoire » et à ces migrants de plus en plus nombreux à atteindre les côtes européennes.

Les photos du corps sans vie d’Aylan Kurdi ont été transformées par la presse et les réseaux sociaux en symbole, en logo. Ces photos ont circulé très rapidement, elles ont été critiquées, détournées, réinterprétées. De nombreux débats ont été soulevés concernant la nécessité ou pas de rendre visibles et accessibles ces photos à tout le monde. À tel point que certains utilisateurs de réseaux sociaux et notamment de Facebook auraient qualifié le photo de « contenu inapproprié ». Il est évident que cette photo a marqué un événement important en ce qui concerne la représentation de la « crise migratoire » et de la figure du « migrant » (plus précisément du migrant syrien) et a donné un visage à ce phénomène de migration.

La photo apparait dans un contexte de peur et d’incertitude. Il s’agit d’une « crise migratoire » représentée à travers des nombres, des statistiques et des pourcentages. L’usage des chiffres qui peut être vu sous son aspect déshumanisant, contribue à la représentation d’une « crise sans visage ». En septembre 2015, Aylan Kurdi sort le migrant syrien de son invisibilité et laisse la place àla représentation d’une réalité tragique. Le « migrant » défini par Yvan Gastaut comme étant «la figure des temps modernes » commence à être repésenté en tant qu’individu, même si encore partiellement. Alors on s’est intéressés à ces personnes qui se  retrouvent obligées de fuir la pauvreté, le conflit et la menace dans leurs pays. Trois ans après la photo nous frappe autant, mais la situation ne montre pas de signes d’amélioration…

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