La Prophétie de l’horloge : Eli Roth retombe en enfance

Plongé dans un monde fantastique dans les années 50 et ses personnages loufoques mais sincères, le réalisateur adepte des films d’horreur s’adoucit et s’attaque ici au conte d’épouvante pour enfants.

Film

La nouvelle production Amblin (société de Steven Spielberg) débarque au cinéma et revient avec ce qui fait son succès depuis les années 80 : le monde de l’enfance. Après la mort de ses parents, le jeune Lewis, 10 ans, part s’installer dans une étrange maison dans le Michigan avec son oncle Jonathan (Jack Black) et la voisine de ce dernier Madame Zimmerman (Cate Blanchett). D’abord témoins de ce qu’il croit être les bizarreries de son oncle en pleine nuit, Lewis va vite découvrir qu’un mystère se cache derrière les tics tacs incessants dans les murs. Conte magique et merveilleux, ce nouveau film d’Halloween (bien que sorti en Septembre chez nous) laisse pointer quelques touches de frayeurs. Aux commandes de La Prophétie de l’Horloge, on retrouve le réalisateur Eli Roth à l’origine de films, moins à destination des enfants que des adultes, puisqu’il s’agit de films d’horreurs tels que The Cabin Fever, The Green Inferno, ou plus récemment Knock Knock. Après des excès gores et macabres, le réalisateur, passionné de films d’horreur, tente l’expérience du film pour enfants. Taux d’hémoglobines et de violence réduit à néant pour cette fois-ci. Il n’empêche, Roth n’oublie pas d’insuffler une pointe d’épouvante et de frissons dans cette adaptation du premier tome de « Kévin et les Magiciens : la Pendule d’Halloween ». Bien qu’il soit à destination des plus jeunes, le film n’en est pourtant pas lisse et gentillet.

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Référence plus ou moins directe aux films pour jeunes adolescents que sont les Chair de Poule (encore avec Jack Black), Eli Roth ose insuffler une part d’ombre au récit. Retrouvé dans un coin perdu qu’il ne connait pas, Lewis se sent à l’écart des secrets bien gardés de Jonathan ou de ses camarades de classes dont il peine à créer des liens solides. Sa seule consolation se trouvent être les apparitions de sa mère dans ses rêves. Essayant de combler le vide et le manque de ses parents, le récit n’a pas peur de confronter ses plus jeunes spectateurs aux traumatismes les plus cruels. A travers cette peine, Lewis essaie tant bien que mal de s’intégrer aux autres, quitte à faire les mauvais choix. Ode à la singularité (Mrs Zimmerman fait savoir à Lewis qu’il est important parce qu’il est unique), Eli Roth bâtit un imaginaire dans lequel les erreurs commises par les enfants peuvent être réparées.

En plus de sa réalisation soignée, de superbes décors et d’effets spéciaux convaincants, Eli Roth parvient à présenter ses trois personnages principaux et leur donner une texture intéressante. Ayant chacun d’entre eux vécut un traumatisme dans leur vie, ces deniers s’avèrent attachants. Jack Black, en oncle cool et décalé, incarne la principale touche humoristique du film et prouve une nouvelle fois, après le succès de Jumanji : Bienvenue dans la Jungle, qu’il a toujours la côte auprès des plus jeunes. Mais sa relation avec le personnage de Lewis est tout aussi éloquente. Quant au personnage de Cate Blanchett, version plus cynique et moins polie de Mary Poppins, tout en classe et en élégance, vient ajouter une touche bienvenue d’émotions au cours du récit en se confiant à Lewis. En brisant chacun leur armure, Lewis, Jonathan et Mrs Zimmerman s’unissent dans un même combat et découvrent que leurs faiblesses les rapprochent finalement.

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Bien que son scénario soit peu original, La Prophétie de l’Horloge fait la part belle aux personnages et à la naïveté de l’enfance. Travail appliqué et soigné, le film ne lésine pas sur les décors et la mise en scène. Offrant une sorte de Harry Potter et Narnia aux enfants qui n’ont pas encore l’âge de les voir, Eli Roth présente un monde mystérieux et fantastique, et ne faillit pas à remplir sa mission de proposer un film d’épouvante pour enfants.

 

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