Attaques homophobes : libération de la parole des victimes.

Un an après le début du mouvement #Metoo, la parole des personnes LGBTQI+ paraît également se libérer de plus en plus au sujet des agressions homophobes.

La Préfecture de Paris a annoncé une baisse de 37 % des agressions homophobes dans la capitale cette année, en comparaison avec 2017 à la même période (janvier à septembre). Soit 74 agressions constatées en 2018 pour 118 en 2017. Si les actes de violence physique et moral ne semblent pas avoir particulièrement augmenté, c’est bien la liberté de les dénoncer qui s’ouvre, notamment grâce aux réseaux sociaux. Ainsi, rien que ces derniers temps, de nombreuses personnes s’expriment sur ce qu’elles ont subies, et semblent recevoir une meilleure écoute aussi bien médiatique que politique.

Rien qu’au mois d’octobre, les témoignages s’accumulent. Le dimanche 7, un jeune homme a décrit sur son compte twitter l’agression subie plus tôt, sous prétexte qu’il était maquillé. Il dénonce également l’inaction de la police suite à son appel.

Je pensais jamais que je ferais un tweet comme celui là mais ça n’arrive pas qu’aux autres: j’ai été victime d’une agression homophobe hier soir dans le 15e arrondissement de Paris parce que je portais du make-up ???? pic.twitter.com/FKZCt3SejV

— and I’m proud (@lostoverr) 14 octobre 2018

Dès le lendemain, lundi 8 octobre, un couple lesbien a été attaqué sur la place de la République à Paris. Une semaine plus tard, le 16 octobre, Guillaume Mélanie, président de l’association Urgence Homophobie, a lui même été victime de violences.

Témoignage de Guillaume Mélanie sur son agression, lors du rassemblement contre les Lgtphobies et en faveur de l’égalité des droits, dimanche 21 octobre 2018  © Le Parisien

Pour dénoncer ces attaques successives, 3 000 personnes se sont réunies le dimanche 21 octobre, place de la République à Paris, dans un rassemblement initié par Amnesty International France, l’Inter-LGBT et SOS homophobie. Leur appel a été cosigné par des dizaines d’autres associations.

Dans l’appel, l’attention est attirée sur le fait que « près de 6 personnes LGBT sur 10 adaptent leur comportement pour éviter injures ou agressions LGBTphobes et une personne LGBT sur deux a déjà fait l’objet d’insultes ou d’injures homophobes » (enquête Ifop réalisée pour la Fondation Jean Jaurès et la DILCRAH, juin 2018).

La libération de la parole, ainsi que les dénonciations individuelles et collectives de ces actes de violences pourront-elles faire évoluer les mentalités, et la réalité quotidienne des personnes concernées?

Article écrit par Hadjer REGGAM.

 

 

 

 

 

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