Attaché(e) de presse : entre mythe et réalité

Un verre de champagne à la main, le téléphone dans l’autre, l’attachée de presse fascine toujours autant et continue d’alimenter la légende à travers cette image sophistiquée que lui prête volontiers l’imaginaire collectif. Entre mythe et réalité, retour sur une profession qui peine à s’accorder au masculin et dont on oublie parfois le revers de la médaille.

L’attachée de presse est souvent entourée de personnalités fort sympathiques. Soit. Elle consulte des centaines de mails par jour, serre des mains et dévalise les kiosques entre deux émissions de radio pour se tenir informée de l’actualité. Le secteur suscite bien des vocations, mais connait-on vraiment le métier de l’attachée de presse et son quotidien ? Avec une seule grande école privée à Paris, l’EFAP – située non loin des Champs Elysées – il n’y a pas vraiment de formation idéale pour occuper ce poste. Un poste pour lequel les années d’expérience semblent prévaloir sur un quelconque diplôme, tellement les compétences requises restent vastes. Un poste pour le moins fantasmé qui demande des qualités très diverses et une adaptabilité à toute épreuve.

Dis-moi quel est ton métier, je te dirai qui tu es …

Pendant cinq mois, j’ai partagé le quotidien des trois attachées de presse d’une maison d’édition parisienne. Au rythme effréné de leurs journées, j’ai énormément appris. J’ai souhaité présenter ici les aspects les plus importants du métier, que j’ai pu observer. Pour ceux qui se reconnaitront entre les lignes, arrêtez de chercher, le métier d’attache(é) de presse est fait pour vous.

Intelligence émotionnelle

L’attaché de presse ne produit pas un travail intellectuel, au sens créatif.  Son quotidien s’inscrit dans l’action. Il organise la vie médiatique d’une personne et travaille pour offrir à cette dernière une visibilité dans les médias. En cela, il se situe au milieu, entre son auteur et les journalistes. C’est un habile intermédiaire. Dans une société où l’image est primordiale, il endosse parfois la responsabilité d’un conseiller en communication. Il a par expérience une approche fine et intuitive de l’autre. Capable de faire preuve d’empathie, il s’adapte en fonction de la personnalité de son interlocuteur, mais sait s’affirmer et imposer si nécessaire sa vision avec diplomatie.

« Tout doit être prêt pour avant-hier »

L’attaché de presse doit avoir un esprit de synthèse et travaille dans l’immédiateté. Il doit être très rapide. Comme dans une agence de presse, il travaille dans l’urgence, ce qui engendre une grande pression. Il doit se tenir au courant de l’actualité, dénicher les bons numéros vite, répondre vite, et savoir improviser. Il a en général une excellente mémoire et un carnet d’adresses impressionnant. En somme, il doit avoir une grande maitrise de soi et être très résistant au stress car le métier demande une grande réactivité. Pour ne pas se faire oublier, il doit également être subtil et relancer sans jamais harceler.

Le Téléphone et la Parole

vieux tél
Debrocke/Corbis

L’attaché de presse est sur-connecté. Le smartphone est son outil de travail numéro 1. Un attaché de presse sans téléphone n’est pas un attaché de presse. On se doit d’être toujours joignable et le fixe du bureau devient accessoire car réservé à ceux qui n’ont pas le privilège d’avoir nos coordonnées directes… c’est moi qui répondais au fixe. Dans ce cas, il faut obtenir les informations en moins de deux minutes.

L’attaché de presse a une diction impeccable. Il se doit d’avoir une parole claire et concise. Sa voix doit porter. Il a souvent la force de conviction d’un commercial face aux médias dans le but d’éveiller leur intérêt. En prime, mes collègues avaient également un sens de la répartie (proche de celui de Guillaume Meurice) qui m’a parfois beaucoup fait rire malgré des journées intenses.

No rest for the brave

C’est un métier de représentation qui semble faire abstraction des horaires stipulés sur le contrat. Pas de repos pour les braves, l’attaché de presse doit être plus qu’énergique. Ses horaires sont extensibles et la frontière entre vie professionnelle et vie privée est poreuse. Les déjeuners professionnels comme les soirées font partie intégrante du quotidien. En somme, il faut être endurant et très avenant quel que soit l’état de fatigue. C’est également un métier de séduction. L’attachée de presse doit idéalement pouvoir plaire à tout le monde.

Un univers féminin 

J’ai remarqué que les attachés de presse étaient, dans la grande majorité, des femmes. Elles apportent des conseils, une écoute et un soutien moral. La maison Stock est d’ailleurs exclusivement composée de femmes. La direction reste assurée par Manuel Carcassonne. Ce qui m’amène à penser au fameux « plafond de verre ». Combien de femmes dirigent une maison d’édition ? Combien de femmes dirigent un organe de presse ? Pendant que j’étais en stage, Françoise Nyssen, jusqu’alors PDG de la maison Actes Sud, a été promue au poste de Ministre de la Culture. Sa nomination a été saluée à l’unanimité.

En somme le poste est exigeant. Les salaires sont élevés mais peu de personnes ont les compétences requises, d’autant plus que le profil type n’est pas détectable car il n’existe pas. C’est un métier passionnant, qui s’accompagne souvent d’un prestige social, mais qui reste difficile.

Deyana Baeva

 

 

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