Pop Art: les icônes perdent de leur ​splendeur

65 oeuvres des artistes les plus importants du mouvement sont exposées jusqu’au 21 janvier 2018 au Musée Maillol à Paris. Retour sur une visite manquant de pétillant.

Une quinzaine d’artistes du Pop Art et 65 oeuvres réunis pour la première fois à Paris dans une exposition au Musée Maillol à Paris. Né d’une collaboration avec le Whitney Museum of American Art de New York, l’événement met à l’honneur l’un des mouvements les plus représentatifs du XXème siècle. Société de consommation, couleurs vives, techniques plus industrielles qu’artistiques: tous ces termes pourraient définir le Pop Art. Des caractéristiques difficiles à retrouver dans l’exposition présentée au Musée Maillol. Ils sont pourtant tous là.

De Roy Lichtenstein à Andy Warhol en passant par Jasper Johns pour les plus connus. Autour d’eux, George Segal, Rosalyn Drexler, John Wesley, moins connus en France. On y retrouve certaines des oeuvres les plus célèbres du mouvement, comme Madonna and Child d’Allan D’arcangelo (1963), Marilyn de Warhol (1967) ou la sculpture LOVE de Robert Indiana. Le peu d’oeuvres présentées reste fascinant pour le spectateur. On s’attardera sur la série de photographies réalisée par Harold Edgerton, qui se termine sur la fameuse Cranberry Juice into Milk (1960). Les photographies de balles traversant les objets comme .30 Bullet Piercing an Apple, Cutting the Card Quickly (1964) demeurent des incontournables du mouvement. La précision des oeuvres et leur esthétique minimaliste attirent l’oeil instantanément. Certains tableaux inévitables de Warhol sont aussi présents. On retrouve ainsi les icônes Jackie Kennedy (Nine Jackies, 1964) et l’actrice Marilyn Monroe (Marilyn, 1967). Actrice que l’on aperçoit dans le sombre, mais néanmoins fascinant collage de Rosalyn Drexler, Marilyn Pursued by Death (1963).

 

Pour Sixtine de Saint-Léger, responsable d’exposition au Musée Maillol, l’exposition permet de présenter “un florilège des oeuvres du mouvement Pop Art aux États-Unis”. Elle ajoute qu’elle est organisée par ordre “plus ou moins chronologique”, puis avec une “approche plus thématique” du mouvement. L’exposition permet ainsi aux spectateurs d’admirer des oeuvres des artistes les plus connus du Pop Art, et s’inscrit dans une démarche de découverte d’artistes moins connus du grand public. Mais si les oeuvres en elles-mêmes demeurent attrayantes pour les visiteurs, la muséographie peine à les faire ressortir.

Une exposition sans peps

Les murs et le plafond d’un blanc presque immaculé du musée auraient pu servir à mettre en évidence les oeuvres. Pourtant, quand on déambule dans les allées de l’exposition, notre oeil a du mal à être attiré par les couleurs vives, pourtant si représentatives de ce qu’est le Pop Art. L’espace choisi paraît quant à lui trop grand pour accueillir le nombre d’oeuvres prêtées par le Whitney Museum of American Art. Le résultat? Des tableaux et autres photos trop espacés les uns des autres, effaçant par la même occasion une des caractéristiques indissociables du mouvement: la production et la culture de masse. Si nous nous trouvons attirés par le portrait de Marilyn Monroe par Andy Warhol, nous repartons déçus de ne pas voir plus de tableaux de cette série. Il est en de même pour son incontournable Electric Chair (1971), que nous ne pouvons voir qu’en un seul exemplaire.

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L’espace monotone de l’exposition Pop Art Icons That Matter ©parisladouce.com

Organisée par artiste plutôt que chronologiquement, l’exposition perd de son intérêt. Les oeuvres placées à la suite les unes des autres ne paraissent pas liées, pouvant perturber la visite. Le peu d’oeuvres laisse place à beaucoup de lecture pour contextualiser les différentes époques des artistes, sans pour autant donner des explications sur les oeuvres en elles-mêmes. Le choix du musée, à l’architecture classique, semble en décalage avec la modernité du mouvement et de ses oeuvres. Une exposition centrée sur les messages et significations des oeuvres plutôt que sur qui ravira les amoureux du Pop Art, tant les réalisations et artistes présentés sont des incontournables du mouvement. Néanmoins, l’exposition reste quelque peu décevante. L’atmosphère générale – un espace trop grand et silencieux – et la muséographie peinent à faire ressortir le pétillant des oeuvres.

Julie Beaurain

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