Cocktail de western et comique avec Le Grand McLintock

Dans les années 60, les westerns ont la côte aux États-Unis. Paramount Channel nous fait redécouvrir un des classiques du réalisateur Andrew V. McLaglen.

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Bastons et scènes cocasses sont au rendez-vous tout le long du film.                                             ©DVD Classik

Comique et scènes de fessées font-ils bon ménage ? C’est ce que propose ce film de 1963, incarnation d’une Amérique conquérante. A l’époque, les Westerns rencontrent un grand succès. Et rapportent beaucoup. La production possède un gros budget. Le casting repose sur des vedettes comme John Wayne (George Washington McLintock). Figure emblématique des westerns américains, il a été désigné comme 13ème plus grande star de légende par l’American Film Institute en 1999. Les autres acteurs clés sont son fils Patrick Wayne (Devlin Warren), l’iconique Maureen O’Hara (Katherine Gilhooley McLintock) et Stefanie Powers (Becky McLintock). Après L’homme tranquille, c’est le quatrième film où le duo Wayne/O’Hara est à l’affiche ensemble. Autant dire que ce casting de choix à attiré les foules.  

 

Une intrigue minimaliste est le point de départ de ce western comique : G.W. McLintock est le riche propriétaire d’un des plus grands ranchs du Texas. Il est respecté et craint de tous, sauf de sa femme, Katherine. Celle-ci l’avait quitté et réapparaît après deux ans d’absence. Elle réclame le divorce et la garde de sa fille Rebecca (Becky). Aucun des deux époux ne veut céder du terrain et les hostilités sont déclarées.

Destiné à être un western familial et bon enfant, le comique a beaucoup misé sur ses gags et clichés qui s’enchaînent. Bien reçu à l’époque, le résultat est différent pour la nôtre : le problème du film, semble reposer plus sur ce sens « douteux » du comique. D’abord, les scènes de « bastons ». Elles peuvent paraître beaucoup trop redondantes : plus de 15 minutes à regarder la même scène où tous se tapent dessus et tombent dans la boue, peut lasser. Aussi, le scénario joue sur la domination masculine : les rapports hommes/femmes sont très caricaturés pour notre époque. A une période plus « machiste » qu’aujourd’hui, les personnages virils et dominateurs semblaient être populaires, à l’image du personnage principal du film.

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La première scène du genre dans   l’histoire cinématographique.              ©Avoir-alire

La fameuse scène de fessée en est un bon exemple : grande première dans l’histoire du cinéma du western comique, c’est une « punition » publique infligée à sa capricieuse femme. Elle est abordée de manière comique, loin des connotations sexuelles de notre époque. Aujourd’hui, cela serait loin d’être reçu de la même manière : elle indignerait les féministes. La romance quant à elle, manque de développement. Katherine retombe vite dans les bras de son mari : elle lui pardonne tout alors qu’elle semblait le détester la minute d’avant. De même pour Becky et Devli : bien qu’attirée, la jeune fille semble d’abord hostile à son égard. Mais dans les scènes suivantes, les voilà fiancés. Aurait-t-on manqué des scènes ? C’est un développement trop rapide et incomplet. 

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Menace ou farce ? © DoBlu

En parallèle de ces intrigues familiales et comiques, le conflit avec les indiens est abordé. Cela reste superficiel. A titre d’exemple, la représentation du chef indien est traité avec légèreté. C’est un bon vivant, buveur de whisky. Pacifiste, il ne semble pas sérieux. Lors d’une fête, une attaque des indiens a lieu : elle ne dure pas plus de quelques minutes. La population reprend vite les festivités comme si de rien n’était. Le conflit est minimisé. Les indiens sont donc relégués à un rang secondaire.

Une autre minorité ethnique est représentée par un Chinois, ancien cuisinier des McLintock. Petit, chétif, avec un fort accent, sa caricature est poussée au maximum. A l’époque, Hollywood adorait délivrer des stéréotypes très poussés au public. La culture de masse, abonde dans ce sens afin de séduire le public. Le western est un des genres les plus codifiés. Jouant sur ces clichés comiques, le public a été conquis.

Le film mise surtout sur ses scènes comiques et non sur son scénario. Destiné à un publique familial, ce film a su conquérir les critiques de l’époque. Il faut le prendre au second degré. Saurait-il avoir le même effet à notre époque ? Fort à parier que non.

L. Hassona

 

 

 

 

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